Sur certaines formes de leadership
- Publié le 25 mars 2026 ,
- Sandra Chategner Dupré ,
- dans la catégorie Coaching
Je viens de regarder le documentaire Netflix consacré à Judit Polgár — et, au-delà du prodige des échecs, c’est une autre dimension qui m’a inspirée.
La notion de programmation. Et aussi celle de « double programmation ».
Il y a chez Judit deux forces presque contradictoires :
→ celle de la « bonne élève » : apprendre, travailler, intégrer, respecter
→ celle de la championne : tout est possible, sky is the limit, oser, dépasser, casser les plafonds
Cela m’a passionnée, car cela touche certains sujets de leadership au féminin et à des ressources que j’utilise.
Je pense notamment à la figure complexe de Rey-Osterrieth (un test qui met en lumière la manière dont on structure, apprend et s’autorise — ou non — à s’approprier un cadre) et aux menaces liées au genre dans les mathématiques.
Je pense aussi aux filles davantage valorisées sur leur « bon comportement » que sur leurs résultats.
Ces éléments dessinent une tension spécifique dans le leadership en général et le leadership féminin en particulier.
Dans beaucoup de parcours de leaders, des questions reviennent sans cesse :
- Être irréprochable ou être audacieuse ?
- Suivre les règles ou redéfinir le jeu ?
- Apprendre des maîtres ou les dépasser ?
Le documentaire met plus particulièrement en lumière une relation troublante : celle de Polgár avec Kasparov.
Je n’en dirai pas trop, mais deux moments m’ont particulièrement marquée.
Ils font écho à certains récits de clientes en coaching : le rapport du « maître » aux règles, et le moment où il devient, dans l’esprit de « l’élève », un homme ( ou une femme parfois) presque ordinaire.
Grandir, ce n’est pas seulement apprendre.
C’est aussi accepter de désacraliser.
Sortir de la posture de “bonne élève” pour entrer dans celle — plus inconfortable — de créatrice de règles.
Ce documentaire fera désormais partie de mes ressources.
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Manager le télétravail en petite équipe
15 janvier 2026Article publié dans le cahier pratique de la revue du Conseil supérieur du notariat « NVP notaires vie professionnelle », janvier-février 2026. Avec le concours de la direction Management du CSN
Le télétravail n’est plus une parenthèse de crise. Depuis plusieurs années déjà, Il fait désormais partie des nouvelles formes d’organisation du travail. Il vient compléter d’autres évolutions comme le travail collaboratif ou l’usage d’outils partagés. Dans les petites équipes, cette flexibilité répond aux attentes des collaborateurs mais bouscule aussi les habitudes : comment garder proximité, exigence et cohésion quand on n’est plus tous ensemble au bureau ?
Les défis du manager à distance
Manager à distance, c’est relever quatre défis :
- Organisationnel : définir clairement qui fait quoi, à quel moment et avec quels moyens. Sans cadre, l’autonomie se transforme vite en confusion.
- Relationnel : Le recul des relations informelles impose d’organiser davantage la communication et de prendre soin de la relation. Il faut donc écouter, donner du feedback, et maintenir des points réguliers.
- Technique et matériel : l’installation à distance doit être professionnelle. De bons outils digitaux doivent être au service de l’équipe.
- Managérial : garder le cap commun, ajuster la relation avec chacun, et maintenir le lien entre performance et confiance.
Des pratiques concrètes
Communiquer clairement : dire ce qui est attendu, avec quels moyens et dans quels délais. Vérifier la compréhension, encourager, proposer des ajustements.
Conduire les réunions autrement : préparer, rythmer, écouter les signaux faibles. Alterner entre information, collaboration et échanges ouverts.
Renforcer le lien : créer des rituels à distance et préserver des moments en présentiel. Soutenir sans surcontrôler.
On peut citer trois rituels simples pour garder le lien :
- Le café virtuel hebdomadaire : un rendez-vous informel de 15 minutes, pour échanger sans ordre du jour.
- La réunion en trois temps : un tiers d’information, un tiers de travail collaboratif, un tiers de discussion ouverte.
- L’entretien mensuel en trois questions : Comment ça va ? Que retenir du mois écoulé ? Quelles sont tes priorités pour le suivant ?
Chaque collaborateur vit le télétravail différemment. Les motivations profondes comptent : certains recherchent la sécurité, d’autres l’autonomie, d’autres encore le collectif. Un manager attentif ajuste son accompagnement en fonction de ces moteurs.
Ces rituels structurent la distance, réduisent les malentendus et rappellent que derrière l’écran, il y a une équipe.
Un levier plus qu’une contrainte
Bien managé, le télétravail n’affaiblit pas la petite équipe, il la renforce. Il pousse à clarifier l’organisation, fluidifier la communication et développer la confiance. Il ouvre même une opportunité : montrer qu’un collectif peut rester soudé et performant, même sans partager les mêmes murs au quotidien. Le télétravail peut être une invitation à manager autrement : avec plus de clarté, de confiance et de proximité.
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Réussir l’intégration d’un nouveau collaborateur
1 juillet 2026Article publié dans le cahier pratique de la revue du Conseil supérieur du notariat « NVP notaires vie professionnelle », juillet-Aout 2026. Avec le concours de la direction Management du CSN
Intégrer une nouvelle personne ne relève pas seulement d’un recrutement réussi. Le recrutement n’est en réalité qu’une première étape. La seconde, souvent sous-estimée, est celle de l’intégration. Et c’est pourtant elle qui transforme une promesse de collaboration en réussite durable.
Un processus qui gagne à être formalisé
Un nouvel arrivant observe tout : les relations, les usages, l’ambiance, les non-dits, les rythmes de travail. Dans les premiers jours, il construit déjà son sentiment d’appartenance.
C’est pourquoi le processus d’intégration gagne à être structuré. Au moins préparé et, dans l’idéal, formalisé afin d’être partageable et réitérable. Une équipe qui formalise son accueil transmet aussi une image de stabilité, de professionnalisme et d’attention portée à la relation.
De l’espace, des outils et des personnes
L’accueil commence dès le premier jour. Un petit-déjeuner ou un déjeuner convivial permet souvent de détendre l’atmosphère. Ce temps simple compte davantage qu’on ne l’imagine : il donne un visage humain à l’organisation.
Ensuite, il convient de prévoir un véritable parcours d’intégration, adapté à la taille de l’entreprise/équipe et au poste occupé. Qui est qui ? Quels sont les locaux ? Quels outils utiliser ? Quels accès obtenir ? À qui poser quelles questions ? Ce « circuit » mérite du temps. Une demi-journée ou une journée dédiée évite souvent des semaines d’incompréhensions.
Chaque équipe possède aussi ses habitudes, ses codes et ses équilibres relationnels. Les expliciter évite bien des maladresses involontaires.
Quand cesse-t-on d’être “nouveau” ?
L’intégration ne s’arrête évidemment pas aux premiers jours de découverte. Vient ensuite la montée progressive sur le poste. Là encore, clarifier les attentes sécurise tout le monde : quels jalons ? Quels objectifs à un mois, trois mois ou six mois ? Quels indicateurs permettent de mesurer la progression ? Beaucoup de tensions naissent simplement d’objectifs implicites. Combien de temps considère-t-on réellement qu’un collaborateur est “nouveau” dans une équipe ?
Une intégration réussie se mesure rarement au premier jour. Elle se construit souvent dans les trois à six premiers mois.
Faire équipe
Concrètement, vous pouvez mettre en place trois leviers stratégiques :
– La première réunion d’équipe avec le nouvel entrant permet au manager de représenter l’équipe/l’entreprise, son fonctionnement, ses valeurs et sa singularité. Quelques outils simples d’animation ou de « brise-glace » peuvent d’ailleurs fluidifier les échanges et accélérer les liens.
– Demander un “rapport d’étonnement” après un mois de présence est souvent instructif. Le regard neuf d’un collaborateur met en lumière des habitudes devenues invisibles pour les équipes en place. Certaines remarques révèlent des pistes d’amélioration précieuses. À condition naturellement d’avoir prévenu le collaborateur dès son arrivée.
– Créer — ou actualiser — un livret d’accueil. Au-delà des informations pratiques, il constitue un outil de transmission de la culture de l’équipe. Celle-ci peut être en charge de sa réalisation à l’occasion d’un travail collaboratif. Sa mise à jour peut d’ailleurs être confiée à la personne intégrée.
Dans une équipe, l’accueil est déjà une manière de manager. Vous recrutez une compétence en quelques entretiens et vous construisez une fidélité par la qualité de l’intégration.