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Prévenir le burn-out

  • Publié le 24 mars 2026 ,
  • Sandra Chategner Dupré ,
  • dans la catégorie

article publié dans le cahier pratique de la revue du Conseil supérieur du notariat « NVP notaires vie professionnelle », juillet- aout 2026. Avec le concours de la direction Management du CSN

Un risque majeur pour les petites structures

Le burn-out est aujourd’hui l’un des risques les plus graves et les plus fréquents en entreprise, au même titre que la cybersécurité.

L’engagement RSE des petites structures ne se limite plus à des intentions : il inclut désormais pleinement la responsabilité du bien-être au travail.

Un déséquilibre plus subtil qu’il n’y paraît

Le burn-out peut être défini comme un déséquilibre entre l’énergie donnée et les bénéfices perçus.

Ces bénéfices ne sont pas uniquement financiers. Ils relèvent aussi de la reconnaissance, de la qualité des relations, du sentiment d’utilité ou encore de la dynamique d’apprentissage.

Ce déséquilibre n’est pas toujours corrélé à la charge de travail. Il peut s’installer lorsque certaines motivations cessent d’être nourries : départ d’un collègue clé, perte de convivialité, impression de répétition après plusieurs années sur un même poste.

La vie personnelle agit aussi souvent comme un facteur silencieux.

Certains collaborateurs peuvent alors surinvestir le travail pour tenir, compenser, s’engager encore plus et ne rien montrer. 

D’autres, au contraire, voient leur efficacité s’amoindrir avec par exemples, une baisse de l’attention, des erreurs qui apparaissent ou une fatigue devenue plus visible.

Dans les deux cas, quelque chose change et n’est parfois pas encore vraiment nommé.

Clarifier pour sécuriser

La prévention repose d’abord sur un cadre clair.

Clarifier la répartition des tâches, les rôles et les territoires de responsabilité permet de limiter les zones d’incertitude.

Une organisation lisible réduit la charge mentale. Elle sécurise aussi les collaborateurs dans leurs priorités et leurs arbitrages au quotidien.

Elle évite surtout que certains portent plus que leur part, sans que cela ne soit visible.

  • Manager le télétravail en petite équipe

    15 janvier 2026

    Article publié dans le cahier pratique de la revue du Conseil supérieur du notariat « NVP notaires vie professionnelle », janvier-février 2026. Avec le concours de la direction Management du CSN

    Le télétravail n’est plus une parenthèse de crise. Depuis plusieurs années déjà, Il fait désormais partie des nouvelles formes d’organisation du travail. Il vient compléter d’autres évolutions comme le travail collaboratif ou l’usage d’outils partagés. Dans les petites équipes, cette flexibilité répond aux attentes des collaborateurs mais bouscule aussi les habitudes : comment garder proximité, exigence et cohésion quand on n’est plus tous ensemble au bureau ?

    Les défis du manager à distance

    Manager à distance, c’est relever quatre défis :

    • Organisationnel : définir clairement qui fait quoi, à quel moment et avec quels moyens. Sans cadre, l’autonomie se transforme vite en confusion.
    • Relationnel : Le recul des relations informelles impose d’organiser davantage la communication et de prendre soin de la relation. Il faut donc écouter, donner du feedback, et maintenir des points réguliers.
    • Technique et matériel : l’installation à distance doit être professionnelle. De bons outils digitaux doivent être au service de l’équipe.
    • Managérial : garder le cap commun, ajuster la relation avec chacun, et maintenir le lien entre performance et confiance.

    Des pratiques concrètes

    Communiquer clairement : dire ce qui est attendu, avec quels moyens et dans quels délais. Vérifier la compréhension, encourager, proposer des ajustements.

    Conduire les réunions autrement : préparer, rythmer, écouter les signaux faibles. Alterner entre information, collaboration et échanges ouverts. 

    Renforcer le lien : créer des rituels à distance et préserver des moments en présentiel. Soutenir sans surcontrôler.

    On peut citer trois rituels simples pour garder le lien :

    • Le café virtuel hebdomadaire : un rendez-vous informel de 15 minutes, pour échanger sans ordre du jour.
    • La réunion en trois temps : un tiers d’information, un tiers de travail collaboratif, un tiers de discussion ouverte.
    • L’entretien mensuel en trois questions : Comment ça va ? Que retenir du mois écoulé ? Quelles sont tes priorités pour le suivant ?

    Chaque collaborateur vit le télétravail différemment. Les motivations profondes comptent : certains recherchent la sécurité, d’autres l’autonomie, d’autres encore le collectif. Un manager attentif ajuste son accompagnement en fonction de ces moteurs.

    Ces rituels structurent la distance, réduisent les malentendus et rappellent que derrière l’écran, il y a une équipe.

    Un levier plus qu’une contrainte

    Bien managé, le télétravail n’affaiblit pas la petite équipe, il la renforce. Il pousse à clarifier l’organisation, fluidifier la communication et développer la confiance. Il ouvre même une opportunité : montrer qu’un collectif peut rester soudé et performant, même sans partager les mêmes murs au quotidien. Le télétravail peut être une invitation à manager autrement : avec plus de clarté, de confiance et de proximité.

  • Burn-out : détecter les signaux et agir

    25 mars 2026

    Article publié dans le cahier pratique de la revue du Conseil supérieur du notariat « NVP notaires vie professionnelle », septembre – octobre 2026. Avec le concours de la direction Management du CSN

    Quand le déséquilibre s’installe

    Malgré les actions de prévention, certaines situations évoluent et le burn-out peut arriver.

    Dans les études notariales, où le professionnalisme est élevé et l’engagement souvent fort, les premiers signes peuvent passer inaperçus. Ou être interprétés autrement.

    Des manifestations différentes selon les profils

    Les collaborateurs ne réagissent pas tous de la même manière face à un déséquilibre, dont l’origine n’est pas toujours visible.

    Certains vont surinvestir leur travail. Présents, réactifs, impliqués, ils donnent le sentiment que tout va bien et peuvent même être valorisés pour cela. D’autres, au contraire, voient leur travail se déliter. La concentration devient plus difficile et les erreurs apparaissent. Leur énergie diminue.

    Repérer les signaux faibles

    Les premiers indicateurs sont souvent discrets.

    Ils peuvent être :

    • un changement d’attitude ou de posture,
    • un discours plus négatif ou plus détaché,
    • un isolement progressif,
    • une fatigue persistante,
    • des étourderies inhabituelles,
    • une irritabilité ou une hypersensibilité.

    Pris isolément, ces éléments peuvent sembler anodins. Mis bout à bout, ils racontent autre chose.

    Qualifier la nature de la fatigue

    Face à ces signes, l’enjeu n’est pas de conclure trop vite, mais de comprendre.

    La fatigue peut être physique, émotionnelle ou psychologique.

    Interroger des éléments simples permet d’affiner la lecture : sommeil, récupération, capacité à décrocher.

    Si un collaborateur fatigué récupère, un collaborateur en début d’épuisement lui ne récupère plus.

    Créer un espace d’échange

    Dans les petites structures, il n’y a pas toujours de fonction RH.

    Le rôle du manager est donc central.

    Organiser un temps d’échange dédié permet de poser un cadre : un échange confidentiel, sans enjeu immédiat de performance.

    Mettre des mots sur la situation permet souvent de diminuer la pression et de clarifier ce qui se joue. Et parfois, simplement d’ouvrir une porte.

    Orienter sans attendre

    Lorsque les signes sont installés, il est essentiel d’orienter rapidement vers le médecin traitant ou la médecine du travail.

    Le manager n’a pas à porter seul la situation.

    Son rôle est d’accompagner la prise de conscience et de faciliter l’accès à un suivi adapté.

    Intervenir tôt pour éviter la rupture

    Plus l’intervention est précoce, plus la situation est réversible.

    À l’inverse, laisser s’installer un déséquilibre expose à des arrêts longs et à des désorganisations d’équipe.

    Dans une étude notariale, où les collectifs sont resserrés, chaque situation a un impact rapide.

    Détecter, écouter, orienter.

    Trois actions simples, mais qui supposent une attention réelle au quotidien.