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Burn-out : détecter les signaux et agir

  • Publié le 25 mars 2026 ,
  • Sandra Chategner Dupré ,
  • dans la catégorie

Article publié dans le cahier pratique de la revue du Conseil supérieur du notariat « NVP notaires vie professionnelle », septembre – octobre 2026. Avec le concours de la direction Management du CSN

Quand le déséquilibre s’installe

Malgré les actions de prévention, certaines situations évoluent et le burn-out peut arriver.

Dans les études notariales, où le professionnalisme est élevé et l’engagement souvent fort, les premiers signes peuvent passer inaperçus. Ou être interprétés autrement.

Des manifestations différentes selon les profils

Les collaborateurs ne réagissent pas tous de la même manière face à un déséquilibre, dont l’origine n’est pas toujours visible.

Certains vont surinvestir leur travail. Présents, réactifs, impliqués, ils donnent le sentiment que tout va bien et peuvent même être valorisés pour cela. D’autres, au contraire, voient leur travail se déliter. La concentration devient plus difficile et les erreurs apparaissent. Leur énergie diminue.

Repérer les signaux faibles

Les premiers indicateurs sont souvent discrets.

Ils peuvent être :

  • un changement d’attitude ou de posture,
  • un discours plus négatif ou plus détaché,
  • un isolement progressif,
  • une fatigue persistante,
  • des étourderies inhabituelles,
  • une irritabilité ou une hypersensibilité.

Pris isolément, ces éléments peuvent sembler anodins. Mis bout à bout, ils racontent autre chose.

Qualifier la nature de la fatigue

Face à ces signes, l’enjeu n’est pas de conclure trop vite, mais de comprendre.

La fatigue peut être physique, émotionnelle ou psychologique.

Interroger des éléments simples permet d’affiner la lecture : sommeil, récupération, capacité à décrocher.

Si un collaborateur fatigué récupère, un collaborateur en début d’épuisement lui ne récupère plus.

Créer un espace d’échange

Dans les petites structures, il n’y a pas toujours de fonction RH.

Le rôle du manager est donc central.

Organiser un temps d’échange dédié permet de poser un cadre : un échange confidentiel, sans enjeu immédiat de performance.

Mettre des mots sur la situation permet souvent de diminuer la pression et de clarifier ce qui se joue. Et parfois, simplement d’ouvrir une porte.

Orienter sans attendre

Lorsque les signes sont installés, il est essentiel d’orienter rapidement vers le médecin traitant ou la médecine du travail.

Le manager n’a pas à porter seul la situation.

Son rôle est d’accompagner la prise de conscience et de faciliter l’accès à un suivi adapté.

Intervenir tôt pour éviter la rupture

Plus l’intervention est précoce, plus la situation est réversible.

À l’inverse, laisser s’installer un déséquilibre expose à des arrêts longs et à des désorganisations d’équipe.

Dans une étude notariale, où les collectifs sont resserrés, chaque situation a un impact rapide.

Détecter, écouter, orienter.

Trois actions simples, mais qui supposent une attention réelle au quotidien.

  • Prévenir le burn-out

    24 mars 2026

    article publié dans le cahier pratique de la revue du Conseil supérieur du notariat « NVP notaires vie professionnelle », juillet- aout 2026. Avec le concours de la direction Management du CSN

    Un risque majeur pour les petites structures

    Le burn-out est aujourd’hui l’un des risques les plus graves et les plus fréquents en entreprise, au même titre que la cybersécurité.

    L’engagement RSE des petites structures ne se limite plus à des intentions : il inclut désormais pleinement la responsabilité du bien-être au travail.

    Un déséquilibre plus subtil qu’il n’y paraît

    Le burn-out peut être défini comme un déséquilibre entre l’énergie donnée et les bénéfices perçus.

    Ces bénéfices ne sont pas uniquement financiers. Ils relèvent aussi de la reconnaissance, de la qualité des relations, du sentiment d’utilité ou encore de la dynamique d’apprentissage.

    Ce déséquilibre n’est pas toujours corrélé à la charge de travail. Il peut s’installer lorsque certaines motivations cessent d’être nourries : départ d’un collègue clé, perte de convivialité, impression de répétition après plusieurs années sur un même poste.

    La vie personnelle agit aussi souvent comme un facteur silencieux.

    Certains collaborateurs peuvent alors surinvestir le travail pour tenir, compenser, s’engager encore plus et ne rien montrer. 

    D’autres, au contraire, voient leur efficacité s’amoindrir avec par exemples, une baisse de l’attention, des erreurs qui apparaissent ou une fatigue devenue plus visible.

    Dans les deux cas, quelque chose change et n’est parfois pas encore vraiment nommé.

    Clarifier pour sécuriser

    La prévention repose d’abord sur un cadre clair.

    Clarifier la répartition des tâches, les rôles et les territoires de responsabilité permet de limiter les zones d’incertitude.

    Une organisation lisible réduit la charge mentale. Elle sécurise aussi les collaborateurs dans leurs priorités et leurs arbitrages au quotidien.

    Elle évite surtout que certains portent plus que leur part, sans que cela ne soit visible.

  • Sur certaines formes de leadership

    25 mars 2026

    Je viens de regarder le documentaire Netflix consacré à Judit Polgár — et, au-delà du prodige des échecs, c’est une autre dimension qui m’a inspirée. 

    La notion de programmation. Et aussi celle de « double programmation ».  

    Il y a chez Judit deux forces presque contradictoires :

    → celle de la « bonne élève » : apprendre, travailler, intégrer, respecter  

    → celle de la championne : tout est possible, sky is the limit, oser, dépasser, casser les plafonds

    Cela m’a passionnée, car cela touche certains sujets de leadership au féminin et à des ressources que j’utilise. 

    Je pense notamment à la figure complexe de Rey-Osterrieth (un test qui met en lumière la manière dont on structure, apprend et s’autorise — ou non — à s’approprier un cadre) et aux menaces liées au genre dans les mathématiques. 

    Je pense aussi aux filles davantage valorisées sur leur « bon comportement »  que sur leurs résultats. 

    Ces éléments dessinent une tension spécifique dans le leadership en général et le leadership féminin en particulier.

    Dans beaucoup de parcours de leaders, des questions reviennent sans cesse : 

    • Être irréprochable ou être audacieuse ?  
    • Suivre les règles ou redéfinir le jeu ?  
    • Apprendre des maîtres ou les dépasser ?

    Le documentaire met plus particulièrement en lumière une relation troublante : celle de Polgár avec Kasparov.

    Je n’en dirai pas trop, mais deux moments m’ont particulièrement marquée.

    Ils font écho à certains récits de clientes en coaching : le rapport du « maître » aux règles, et le moment où il devient, dans l’esprit de « l’élève », un homme ( ou une femme parfois) presque ordinaire.

    Grandir, ce n’est pas seulement apprendre. 

    C’est aussi accepter de désacraliser. 

    Sortir de la posture de “bonne élève” pour entrer dans celle — plus inconfortable — de créatrice de règles.

    Ce documentaire fera désormais partie de mes ressources.