Burn-out : détecter les signaux et agir
Article publié dans le cahier pratique de la revue du Conseil supérieur du notariat « NVP notaires vie professionnelle », septembre – octobre 2026. Avec le concours de la direction Management du CSN
Quand le déséquilibre s’installe
Malgré les actions de prévention, certaines situations évoluent et le burn-out peut arriver.
Dans les études notariales, où le professionnalisme est élevé et l’engagement souvent fort, les premiers signes peuvent passer inaperçus. Ou être interprétés autrement.
Des manifestations différentes selon les profils
Les collaborateurs ne réagissent pas tous de la même manière face à un déséquilibre, dont l’origine n’est pas toujours visible.
Certains vont surinvestir leur travail. Présents, réactifs, impliqués, ils donnent le sentiment que tout va bien et peuvent même être valorisés pour cela. D’autres, au contraire, voient leur travail se déliter. La concentration devient plus difficile et les erreurs apparaissent. Leur énergie diminue.
Repérer les signaux faibles
Les premiers indicateurs sont souvent discrets.
Ils peuvent être :
- un changement d’attitude ou de posture,
- un discours plus négatif ou plus détaché,
- un isolement progressif,
- une fatigue persistante,
- des étourderies inhabituelles,
- une irritabilité ou une hypersensibilité.
Pris isolément, ces éléments peuvent sembler anodins. Mis bout à bout, ils racontent autre chose.
Qualifier la nature de la fatigue
Face à ces signes, l’enjeu n’est pas de conclure trop vite, mais de comprendre.
La fatigue peut être physique, émotionnelle ou psychologique.
Interroger des éléments simples permet d’affiner la lecture : sommeil, récupération, capacité à décrocher.
Si un collaborateur fatigué récupère, un collaborateur en début d’épuisement lui ne récupère plus.
Créer un espace d’échange
Dans les petites structures, il n’y a pas toujours de fonction RH.
Le rôle du manager est donc central.
Organiser un temps d’échange dédié permet de poser un cadre : un échange confidentiel, sans enjeu immédiat de performance.
Mettre des mots sur la situation permet souvent de diminuer la pression et de clarifier ce qui se joue. Et parfois, simplement d’ouvrir une porte.
Orienter sans attendre
Lorsque les signes sont installés, il est essentiel d’orienter rapidement vers le médecin traitant ou la médecine du travail.
Le manager n’a pas à porter seul la situation.
Son rôle est d’accompagner la prise de conscience et de faciliter l’accès à un suivi adapté.
Intervenir tôt pour éviter la rupture
Plus l’intervention est précoce, plus la situation est réversible.
À l’inverse, laisser s’installer un déséquilibre expose à des arrêts longs et à des désorganisations d’équipe.
Dans une étude notariale, où les collectifs sont resserrés, chaque situation a un impact rapide.
Détecter, écouter, orienter.
Trois actions simples, mais qui supposent une attention réelle au quotidien.