Sur certaines formes de leadership
Je viens de regarder le documentaire Netflix consacré à Judit Polgár — et, au-delà du prodige des échecs, c’est une autre dimension qui m’a inspirée.
La notion de programmation. Et aussi celle de « double programmation ».
Il y a chez Judit deux forces presque contradictoires :
→ celle de la « bonne élève » : apprendre, travailler, intégrer, respecter
→ celle de la championne : tout est possible, sky is the limit, oser, dépasser, casser les plafonds
Cela m’a passionnée, car cela touche certains sujets de leadership au féminin et à des ressources que j’utilise.
Je pense notamment à la figure complexe de Rey-Osterrieth (un test qui met en lumière la manière dont on structure, apprend et s’autorise — ou non — à s’approprier un cadre) et aux menaces liées au genre dans les mathématiques.
Je pense aussi aux filles davantage valorisées sur leur « bon comportement » que sur leurs résultats.
Ces éléments dessinent une tension spécifique dans le leadership en général et le leadership féminin en particulier.
Dans beaucoup de parcours de leaders, des questions reviennent sans cesse :
- Être irréprochable ou être audacieuse ?
- Suivre les règles ou redéfinir le jeu ?
- Apprendre des maîtres ou les dépasser ?
Le documentaire met plus particulièrement en lumière une relation troublante : celle de Polgár avec Kasparov.
Je n’en dirai pas trop, mais deux moments m’ont particulièrement marquée.
Ils font écho à certains récits de clientes en coaching : le rapport du « maître » aux règles, et le moment où il devient, dans l’esprit de « l’élève », un homme ( ou une femme parfois) presque ordinaire.
Grandir, ce n’est pas seulement apprendre.
C’est aussi accepter de désacraliser.
Sortir de la posture de “bonne élève” pour entrer dans celle — plus inconfortable — de créatrice de règles.
Ce documentaire fera désormais partie de mes ressources.